Sunday, December 28, 2014

Réponse à l'interview de Bérénice Levet par le Figaro : non à la stéréotypisation des jouets !

Le féminisme est un thème qui me tient particulièrement à cœur même si je n'en parle pas souvent ici. En fait, si j'en parle un peu, c'est que c'est un sujet qui est souvent mal compris et je souhaiterais donc en parler le mieux possible. Mais aujourd'hui, je vais faire une exception à la règle, car j'ai lu un article qui m'a révoltée et je ne pouvais pas rester sans réagir. Cet article est une interview de Dr. Bérénice Levet dans le Figaro, dans lequel elle réagit au rapport récemment rédigé par Chantal Jouanno et explique avec une bêtise déconcertante pourquoi les jouets stéréotypés sont naturels et même nécessaires. Comme vous pouvez vous en doutez, je ne suis pas du tout d'accord avec les idées de Bérénice Levet, mais ce qui m'a fait surtout réagir était la faiblesse des arguments avancés. C'est pourquoi j'ai choisi d'essayer de répondre à ces arguments points par point dans ce post. Excusez-moi par avance, si je ne suis pas très précise : je ne suis moi-même pas littéraire et encore moins prof de philo et je fais donc de mon mieux ! Je réagis aussi à vif et je n'avais pas envie d'attendre pour me renseigner davantage sur le sujet, mais je reviendrai compléter ce post dès que possible. En attendant, n'hésitez pas à me corriger dans les commentaires ou à me donner votre avis !



Avant tout, je vous conseille d'aller lire l'article en question ainsi que les commentaires (car je vais aussi y répondre !) pour comprendre de quoi je vais vous parler.

Mes réponses à l'article :

"«L'égalité commence avec les jouets», proclame l'avant-propos. Partagez-vous cette idée?
Bérénice LEVET: Non, et l'expérience le prouve: les pères d'aujourd'hui qui se consacrent toujours plus aux tâches domestiques et familiales n'ont pas reçu pour cadeaux des poupons, des dînettes et des poussettes."
Les pères d'aujourd'hui sont globalement des hommes qui sont nés et ont grandi dans les années 60, 70 et 80. Soit en plein pendant l'essor du féminisme et il me semble peu probable qu'ils n'aient pas été marqués par cela. Mon père avait lui-même, enfant, émis le désir de jouer avec les mêmes poupons que ses sœurs. Et ce n'était probablement pas le seul puisque d'après l'étude de Mona Zegaï (Trente ans de catalogues de jouets : mouvances et permanences des catégories de genre), la sexualisation des jouets a réellement pris son essor dans les années 90. Peut-on pour autant lier l'augmentation de la participation des hommes aux tâches domestiques à leurs jouets d'enfance ? Je n'ai aucun argument pour le prouver, tout comme Bérénice Levet n'en a aucun pour prouver le contraire.

"Et pourtant - et le rapport lui même est forcé de le reconnaître, l'égalité est acquise. "

J'ai rapidement parcouru le rapport et je n'ai rien trouvé de tel. Il est bien marqué que "Les inégalités de sexes sont aujourd'hui fortement essentialisées et radicalisées pour permettre la complétude." ou encore que "Je ne pense absolument pas que le fait d'être identiques soit indispensable à l'égalité entre les hommes et les femmes et à la lutte contre les stéréotypes de genres." (phrase à laquelle j'adhère totalement !), mais c'est tout. Et quand il est noté que  "[...]dans la vie réelle, les hommes et les femmes réalisent de plus en plus les mêmes activités. [Et qu'] ils ont la même vie," C'est pour souligner qu'en vérité les femmes en font deux fois plus ("sauf bien entendu s'agissant de la double journée des femmes"). D'ailleurs à l'heure où il y a encore près de 20% d'écart de salaire entre les hommes et les femmes, j'aimerais savoir ce que Bérénice Levet entend par "l'égalité est acquise"...

"Quant à nous, nées dans les années 70, nos parents ont continué à nous offrir des poupées, des dînettes et nous ne sommes pas devenues pour autant des femmes au foyer.(...)On y lit que les jouets doivent contribuer à «construire une société d'égalité où filles et garçons, hommes et femmes se verraient proposer les mêmes chances d'épanouissement personnel et professionnel»: mais c'est exactement le monde dans lequel nous vivons!"

Je ne suis pas née dans les années 70, mais 80, et si j'ai reçu des poupées, j'ai aussi reçu des voitures et des Légos (qui à l'époque étaient encore mixtes). Et je suis devenue provisoirement femme au foyer. Autrement dit, je fournirais un contre-exemple parfait pour Bérénice Levet.
Mais la vérité est qu'avant d'être femme au foyer, j'étais ingénieur en bâtiment (et je le serai à nouveau quand j'aurais mon permis de travail !). Un métier extrêmement masculin où pour exister il faut soit se "transformer en garçon", pour être au même niveau que les autres, soit être exagérément féminine et gagner sa place non pour ses compétences mais pour le plaisir qu'auront vos collaborateurs à vous mater. (véridique) J'avais pour ma part choisi la première option sans trop de difficultés, puisque j'ai principalement des qualités et des goûts dits masculins. Pour autant, j'aime me maquiller et je n'aime pas le foot. Pour le foot, ça passait encore, car mes autres collègues n'aimant pas le foot trouvaient enfin quelqu'un osant l'avouer. Par contre pour le maquillage, les rares fois où j'ai mis un discret mascara, j'ai eu plein de remarques et j'avais l'impression d'être Michel Serrault dans la cage aux folles. Tout ça pour dire que peut-être si on avait enseigné à ces garçons et filles qu'ils ont droit de faire le métier de leurs choix et qu'il n'y a pas de goûts ou de qualités spécifiquement masculines ou féminines, j'aurais pu peut-être aller bosser en parlant de html et de maquillage. En mettant du vernis et mes chaussures de sécurité. Et peut-être qu'une fille féminine aurait pu faire son métier normalement et qu'on aurait parlé d'elle comme de la brute en béton armé et non pas comme de la pépé en collants résilles.
Pour conclure, je ne sais pas dans quel monde vous vivez, Bérénice Levet, mais dans mon monde, "les hommes et les femmes n'ont clairement pas les mêmes chances d'épanouissement personnel et professionnel que les autres". Dans mon monde, une fille doit se battre en prépa pour prouver qu'elle n'est pas juste une élève sage et bosseuse un peu coconne, quand le garçon est de base considéré comme intelligent. Dans mon monde, on demande seulement aux filles avec étonnement pourquoi elles ont choisi ce métier. Dans mon monde, il est compliqué pour un homme d'annoncer qu'il va prendre un congé paternité et qu'il va élever son bébé pendant que sa femme continue ses études. Dans mon monde, quand l'homme s'occupe de la cuisine et moi de l'informatique, c'est soit disant parce qu'en fait, c'est moi l'homme du couple. Dans mon monde, quand une femme tombe enceinte, on lui refile les pires projets en espérant qu'elle démissionne, tandis que quand un homme fait une dépression de 6 mois, il peut revenir comme si de rien était. Je veux bien croire que dans le monde féerique de la philosophie, tout va bien. Mais dans la réalité, quand on veut sortir du cadre, il faut passer son temps à se battre. Et contrairement à ce que vous affirmez, Bérénice Levet, ce n'est pas une question de persistance de la différence des sexes. Jusqu'à preuve du contraire, une femme est autant capable qu'un homme d'être forte en maths et d'avoir des compétences techniques. Et un homme est autant capable qu'une femme de vouloir passer du temps avec son bébé et d'aimer faire la cuisine. Je ne nie pas la différence physiologique entre les hommes et les femmes, mais on voit bien ici que pour des sujets où la physiologie n'intervient pas, il y a quand même une inégalité, ce qui montre bien que le problème est ailleurs.



"Beauvoir disait encore «on ne naît pas femme, on le devient». Mais si on suit jusqu'au bout les tenants de la théorie du genre, on peut considérer qu'elle est restée comme en retrait de sa propre intuition: puisqu'on ne naît pas femme: pourquoi le deviendrions-nous?"


Je ne peux répondre à la place de toutes les femmes, mais pour moi, la raison est très simple. Premièrement parce que j'aime mon corps et deuxièmement parce que j'aime l'idée d'avoir tous ces défis à relever. D'autres répondront que c'est parce qu'elles aiment avoir la possibilité de porter la vie. C'est une question trop personnelle pour donner une réponse générale, mais de même qu'une personne noire, par exemple, n'aimerait probablement pas abandonner sa couleur en dépit des soucis provoqués par le racisme, je pense que la plupart des femmes aiment leur genre sans pour autant vouloir être enfermée dans le carcan défini par ce dernier.


"Une poupée est-elle un jouet sexué ou un jouet sexiste? Offrir à une petite fille une poupée, un poupon, n'est pas sans fondement: c'est juste prendre acte de ce que des deux sexes, elle est celui qui donne la vie. Je ne crois pas que lui offrir un tel objet, ce soit par avance l'enfermer dans son rôle de «génitrice», l'assigner à résidence dans sa fonction de mère."

Je ne crois pas non plus qu'offrir une poupée à petite fille l'enferme dans son rôle de génitrice. Mais, pour moi si on offre une poupée à une petite fille, ce n'est non pas parce qu'elle a la possibilité de porter la vie un jour (sinon, on lui offrirait un faux ventre), mais parce qu'elle a la possibilité de devenir un jour mère. De même qu'un homme a un jour la possibilité de devenir père. Il est donc important pour les deux sexes de pouvoir jouer à reproduire les gestes qu'ont leurs parents à leur égard et qu'ils reproduiront peut-être un jour. Comme vous le signaliez au début de l'article, Bérénice Levet, les hommes prennent de plus en plus une part importante dans les tâches domestiques. De plus en plus d'hommes doivent également prendre une part importante dans l'éducation de leurs enfants, parce qu'ils ont une vision égalitaire de l'éducation ou tout simplement parce qu'ils sont divorcés. Un homme peut évidemment très bien s'occuper de ses enfants sans avoir joué à la poupée auparavant, mais si ces dernières sont censées préparer la venue d'un enfant, il n'y a pas de raison qu'une poupée soit refusée à un garçon. Je trouverai donc assez normal que des poupées soit proposées aux filles et aux garçons et qu'on leur apprenne que les deux genres peuvent jouer à la poupée. Libres à eux ensuite de choisir ce à quoi ils jouent, tant qu'ils s'agit de leur véritable choix et non pas d'un choix reproduisant les stéréotypes les entourant.

On a longtemps dit que les petites filles jouaient à la poupée et à la dînette parce qu'elles voyaient leurs mères absorbées par les tâches domestiques. Sauf qu'aujourd'hui, elles voient leur père et leur mère se partageant à égalité, qu'on le veuille ou non, entre leur activité professionnelle et les tâches domestiques et les petites filles continuent de jouer à la poupée et à la dînette… de quoi postuler l'existence d'invariants.

Vous le disiez un peu plus haut, Bérénice Levet, mais un enfant imite son entourage. Et quand bien même les parents d'un enfant partageraient leurs activités et tâches domestiques (ce qui est loin d'être majoritaire), l'enfant reste influencé par ses camarades, ses professeurs, ce qu'il lit ou ce qu'il voit à la télé... Difficile donc de postuler de l'existence d'invariants dans une société qui est encore très marquée par les stéréotypes !

"On voudrait nous faire croire que le capitalisme, le commerce, incarnations du mal, seraient complices d'une société inégalitaire: le capitalisme tenterait de défaire ce que des années de lutte féministe ont fait. Un tel argument ne tient pas: le marché a tout intérêt à voir les poussettes n'être plus l'exclusivité des petites filles. "

Loin de moi l'idée de faire porter le fardeau du sexisme au capitalisme qui ne fait, selon moi, que reproduire ce que veut la société. En revanche, on ne peut pas dire que certaines industries ne trouvent pas un intérêt dans la sexualisation des produits. Certes, elles aimeraient probablement vendre des poussettes aux petits garçons, mais elles sont aussi probablement bien contentes de vendre une poussette pour la petite fille et un skate pour le petit garçon plutôt qu'une seule poussette pour les deux... D'ailleurs quand j'entends mes amies dire qu'elles doivent racheter tous les vêtements de bébé pour leur deuxième car leur premier était d'un autre sexe, difficile de ne pas voir leurs intérêts ! Après, les responsables ne sont pas les industries, mais les acheteurs. Heureusement, il existe encore sur le marché des vêtements et des jouets indifférenciés, libres à eux de les acheter plutôt que de se livrer à une frénésie d'achats inutiles...
Personnellement, je trouve ça débile d'acheter tout un stock de vêtements quand on en a des quasi-neufs en réserve, mais bon, chacun a le droit de dépenser son argent comme il veut ! Tant que, bien sûr, on ne me fait pas de remarques quand j'ai acheté un pyjama bleu et vert pour une petite fille et que ces couleurs plus le motif éléphant, c'est pour les garçons...(sic)



Mes réponses aux commentaires

Heureusement, je n'ai pas grand chose à dire dans cette partie, car il faut croire que les lecteurs du Figaro sont plus raisonnables que leurs invités et la plupart ont réagi défavorablement à cet article. Seuls quelques trublions extrémistes se sont reconnus et c'est à eux que je réponds ici (Je ne réponds pas directement sur l'article, car je n'ai pas d'abonnement et puis un dénommé Michel Martin 8 a très bien répondu pour moi). 

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 intégrée à notre constitution.
"Art 1. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune."
Il faut en finir avec ce débat stérile généré par ceux là même qui voudraient contraindre la société à reconnaître leur perversion comme universelle...
L'égalité des droits est acquise et la justice de notre pays s'y emploie, et personne ne le conteste.
L'égalité des sexes, elle, n'existe PAS !
A moins de modifier génétiquement les caractères des individus, et notamment leurs niveaux d'œstrogène ou de testostérone...
L'histoire jugera sévèrement l'époque actuelle, et ses dérives."

Pierre, je n'aurais qu'une seule chose à vous dire : "libres et égaux en droits" ne veut pas dire "libres et égaux".


"Sauf qu'aujourd'hui, elles voient leur père et leur mère se partageant à égalité" C'est complètement faux, en terme de temps passé, il n'y a toujours vraiment pas égalité et cette inégalité augmente avec le nombre d'enfants, c'est le résultat d'études très récentes en tout cas.
Concernant les stéréotypes et bien je n'ai jamais joué à la poupée mais seulement aux voitures et aux légos, personne ne m'a forcé c'est juste ce que je demandais à Noël.
Il y a les normes, les moyennes mais il y a d'abord des individualités avec autant voir plus de différences entre deux filles ou deux garçons qu'entre une fille et un garçon.

  • Connaissez vous beaucoup d' "hommes de ménage"?
Flo4433, je vous approuve en totalité ! SuperGoy, je trouve déjà votre pseudo relativement bizarre, mais que dire de votre commentaire ? Pensez-vous sérieusement que faire le ménage est une tâche uniquement destinée aux femmes ? Vous pensez probablement la même chose de la cuisine alors, non ? (Sauf quand elle est bien faite, bien entendu, il ne peut alors s'agir là que d'hommes...)

L'égalité dans l'ordre de l'économie domestique est une chose, la difference des sexes en est une autre. Si l'on peut se féliciter que ce soit une femme qui rappelle que cette difference des sexes est une donnée du réel, c'est que de façon générale il n'y a que les feministes pour le nier. Pourquoi cette confusion leur est elle propre ? Posez vous la question."

François, je ne vois pas vraiment où vous voulez en venir, mais avant de vous répondre, je rappellerai que tous comme les politiques d'un même parti n'ont pas forcément exactement la même vision de la société, toutes les féministes n'ont pas forcément les mêmes idées et que ma réponse n'engage que moi.
Une féministe, pensant comme moi, ne nie pas la différence des sexes, comme elle ne nie pas la différence entre chaque individu. Chaque personne est unique et si les hommes partagent en commun un chromosome Y et un pénis, cela n'en fait pas pour autant un groupe homogène. Il en est de même pour les femmes. On peut donc avoir beaucoup plus de différences entre deux hommes qu'entre un homme et une femme.
L'idée du féminisme que je défends est qu'un individu n'est pas uniquement défini par son genre car il existe beaucoup d'autres attributs qui sont bien plus aptes à le définir comme son physique ou son caractère. Et d'ailleurs quelques soient les attributs qui le définissent, la perception de ces derniers par la société ne doit pas entraver les choix de l'individu. Il est donc important que chacun naisse avec les mêmes chances et les mêmes droits indifféremment de son sexe, de sa couleur de peau ou encore de son origine sociale.



Les combats idiots de la gauche. Les stéréotypes, si ça existe, (ce qui est discutable), c'est qu'on en a besoin.

Martin004, ce rapport a été commandé par Chantal Jouanno, sénatrice de droite. Il faut arrêter de croire que la lutte contre le sexisme est l'apanage de la gauche, c'est un sujet qui dépasse de loin les clivages gauche/droite. Ensuite, les stéréotypes existent, c'est assez indiscutable (cf mes réponses ci-dessus), quant à leur utilité, je ne vois pas... Ne plus avoir besoin de réfléchir et pouvoir laisser porter ses choix de vie par la société ? Il faudrait qu'on m'éclaire sur ce point !

ces " nouvelles " feministes ont reussi au moins une egalite celle de la betise conquerante . de toute evidence elles n ont guere eleve d'enfants. mais le pire c'est qu 'elles denigrent l univers et les valeurs des femmes et survalorisent celles dites masculines - pourquoi conduire un camion serait il intrinsequement " mieux" que de s occuper de ses enfants ou d etre belle princesse ?

Cher Plume001001, les féministes ne dénigrent en rien "l'univers féminin". La preuve étant que j'aime beaucoup moi-même des domaines dits féminins. A vrai dire, c'est la société qui survalorise les univers masculins, car vous aurez beau dire, une petite fille "garçon manqué" sera toujours mieux perçue qu'un petit garçon efféminé. De même que le maquillage est considéré comme un sujet frivole quand le foot est érigé en passion nationale.  Les féministes pourraient d'ailleurs lutter pour qu'un sujet dit féminin soit autant considéré qu'un sujet dit masculin, mais pour l'instant, on lutte déjà pour que chacun, indifféremment de son sexe puisse accéder au métier et aux passions de son choix et ça sera déjà pas mal d'y arriver. Quand une petite fille pourra choisir librement de conduire un camion ou de rester à la maison et qu'un petit garçon pourra choisir librement de rester à la maison ou de conduire un camion, on essayera alors de faire en sorte que rester à la maison soit aussi bien considéré que conduire un camion...

Et pour finir, voilà le commentaire blague ! (pas de réponse à celui-là, je n'ai même pas réussi à déterminer si c'était sérieux ou pas !)

Mais qui est à l'origine de ce rapport ?
Il existe les jouets pour enfants et ceux pour adultes.
Est-il question de sex toys quand on écrit "jouets sexistes"?

J'aurais encore plein de choses à dire sur le sujet, mais il faut bien s'arrêter, donc si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires.
Pour terminer, j'ai un dernier message à faire passer :
Amis partisans de l'éducation sexuée, même si je ne suis pas de votre avis, je respecte votre choix. Pourquoi ne pourriez pas vous faire la même chose ? Dans la société actuelle, il est beaucoup plus facile d'éduquer un enfant au milieu des stéréotypes, que l'inverse. Quand bien même votre petit garçon apprendrait à l'école qu'il a le droit de porter du rose, de jouer à la poupée, et de devenir infirmier, la télé, les passants et vous bien-sûr seriez là pour le remettre dans le "droit chemin". Alors que pour ceux qui ont envie d'éduquer leurs enfants dans un environnement neutre, c'est quasiment impossible sans l'aide de l'école. Que l'école aide ou non les enfants à s'orienter selon leurs désirs et non selon leur sexe ne vous affectera donc jamais alors pourquoi cette montée d'indignation ? Éventuellement, le jour où les rôles seront inversés, je comprendrai, mais en attendant, essayez de comprendre que tout le monde n'a pas forcément les mêmes souhaits éducatifs que vous.

8 comments:

  1. le probleme des jouets, c'est que meme en etant une maman plutot feministe, et meme lorsque le papa est plutot pour l'egalité des sexes, on remarque que dans 90% (si ce n'est plus), les filles vont réclamer des jouets roses à paillettes, et les garcons vont réclamer des voitures ou des ballons.... C'est assez troublant, au point qu'on se demande pourquoi. l'imitation n'est pas la seule reponse, parce que le gout de mes filles pour les froufrous rose à paillette ne PEUT pas s'expliquer en regardant ma garde robe :D

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    1. Je ne connais pas l'environnement dans lequel vivent tes filles, mais je pense que l'école, les copines ou encore la télé influencent peut-être leur envie de froufrous roses à paillettes. Quoiqu'elles en ont peut-être aussi spontanément envie, c'est aussi leur droit ! :-)
      Le problème des jouets sexistes se pose surtout pour ceux qui sortent un peu du cadre (ce n'est peut-être que 10%, mais c'est quand même important de s'en occuper !) Difficile pour un petit garçon de réclamer une poupée si sa famille fait la grimace ou pour une petite fille de demander des mécano quand elle voit qu'ils sont dans la section garçon du catalogue. Et même avec une famille très ouverte, ça reste compliqué d'assumer. Dans ma famille, sur 4 filles et 1 garçon, 2 filles aimaient principalement les jeux et activités de garçon et les autres préféraient les jeux et activités de filles et ça nous a valu beaucoup de remarques... Conclusion, ma petite sœur de 6 ans s'est fait virée du foot car les autres parents ne voulaient pas qu'elle partage les mêmes vestiaires que leurs fils et mon petit frère a arrêté sa passion (la danse), car il n'assumait pas le regard de ses copains...Ce ne sont que des exemples parmi d'autres, mais ça montre un peu le genre de pressions que peut subir un enfant et pourquoi c'est important d'agir en sensibilisant les adultes et les enfants sur le sujet.

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  2. Message trop long pour être accepté.... 1ère partie : J'ai 28 ans, je ne me sens pas profondément féministe, mais je défends l'égalité pour tous que ce soit en fonction de son sexe, de son âge, de ses origines sociales ou culturelles...

    Les jouets sont pour moi, avant tout, un moyen pour les enfants de s'amuser et je trouve qu'on projette beaucoup de nos perceptions d'adultes réfléchis dans leurs jeux rêveurs où l'imaginaire tient une place importante. Bien sûr, l'imitation est là. Mais le jouet n'en est pas le seul facteur : l'éducation, l'ouverture d'esprit, l'influence de l'environnement familial et culturel jouent une place primordiale également.

    Etant moi même une femme, une ancienne petite fille donc, je me rappelle encore très bien de mes jouets préférés. Ayant deux frères, j'ai joué avec les Playmobils Chevaliers et Cow-Boys, avec les pistolets et aux petites voitures, mais ma préférence allait de loin à mes poupées, mes Barbies et mes jouets "pour fille". Je ne vois pas où est le problème en fait. Je suis aujourd'hui une femme qui assume sa féminité certains jours avec robe/maquillage et "tout le tralala", mais qui apprécie aussi d'enfiler des gants de bricolage et de poncer pendant tout l'après-midi en vieux jogging pourri des palettes pour en faire bientôt une table basse. Je ne travaille pas, j'ai travaillé, je retravaillerai peut-être/sans doute un jour. Mais j'ai la chance de pouvoir dire "par choix" dans tous les cas. Je ne sens pas le poids de mon identité féminine, cela ne me pèse pas. Peut-être parce que mes choix collent à peu près au schéma classique (???), mais surtout parce que j'assume qui je suis : mes envies, mes décisions, mes erreurs, mes rêves...

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    1. Tout d'abord, merci d'avoir pris le temps de laisser un long commentaire ! C'est un sujet qui me tient à cœur, donc même si on est pas d'accord, je suis contente qu'il y ait discussion ! Du coup, je vais te répondre partie par partie pour que ça soit plus simple.
      Je suis bien d'accord avec toi quand tu dis que le jouet n'est pas le seul facteur et d'ailleurs je ne parle pas de jouets sexistes. Le problème pour moi n'est pas qu'une petite fille joue uniquement avec des poupées ou un petit garçon uniquement avec des camions, le problème est quand l'environnement ou la famille empêche un enfant de jouer à un jeu de son choix en raison de son sexe.
      Par contre, quand tu dis que l'identité féminine ne te pèse pas parce que tu assumes qui tu es, je ne suis plus d'accord. Car c'est justement bien le problème quand tu étudies ou travailles dans un domaine masculin : ta féminité devient ton handicap et assumer qui tu es te met des bâtons dans les roues. D'expérience, les seules filles qui assumaient leur féminité dans mon métier n'ont jamais été prises au sérieux une seule fois. Je ne sais pas si elles s'en rendaient compte, mais étant de l'autre côté, je peux te dire que la seule fois où les gens parlaient d'elles, c'était pour commenter leurs seins ou leurs fesses. Et quand tu aimes ton métier et que tu as envie de travailler sur des projets intéressants (pour tes compétences et non pour plaire au client), le choix est vite fait : tu te fonds dans la masse.
      D'ailleurs, c'est à tel point que quand on me faisait un compliment dans mon métier, on me disait : "tu n'es pas une vraie fille". Cela en dit quand même long sur les mentalités, non ??
      Mais ça ne me parait pas étonnant que tu n'aies pas ce ressenti, car quand j'étais au Caltech, on avait sondé des femmes d'origine et de métier divers et la tendance qui ressortait était que celles au métier dit masculin ressentaient fortement le sexisme (et ce quelque soit leur continent), tandis que les autres non.
      Du coup, c'est pour ça que je lutte contre le sexisme : pour que chacun puisse s'assumer quelque soit son métier ou sa passion.

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  3. Message trop long, 2eme partie : Donc ce débat me parait parfois très loin de ce que je vis vraiment et un peu futile par rapport au combat pour l'égalité qui se jouent dans d'autres pays, des pays où les inégalités sont plus pesantes, plus traumatisantes et qui portent sur des sujets aussi fondamentaux que le droit à la scolarisation, l'excision, le mariage forcé...

    Quand je regarde ma fille de 2 ans et demi, je suis heureuse de la savoir loin de tout ça. Et je me réjouis de la voir jouer. Tout simplement jouer. Avec autant d'intérêt pour ses poupées et ses jouets "de fille" qu'avec son faux kit de bricolage Black&Decker qu'elle nous a réclamé. Mais au final j'aurais été tout aussi contente de ne la voir s'intéresser qu'aux jouets "de fille" ou qu'aux jouets "de garçon" du moment qu'elle s'amuse, la fonction principal du jouet à mes yeux. Idem si nous avons un garçon plus tard, peu importe avec quoi il joue, tant qu'il s'amuse. Le plus important pour moi, ce n'est pas que mes enfants aient des jouets asexués, mais qu'ils se sentent libre d'aller vers ce qui leur plait peu importe la couleur (les garçons ont aussi le droit d'aimer le rose! :) ) ou l'usage de ce jouet.

    Etre libre, avoir le choix, on ne l'atteint pas pour moi en gommant les différences entre les garçons et les filles mais au contraire en les acceptant, en les assumant et en laissant la voie libre à tous de s'épanouir en fonction de sa personnalité individuelle, que ce soit pour jouer avec une poupée, avoir une passion pour la danse ou le rugby, devenir ingénieur en bâtiment ou assistant(e) maternelle ou même choisir de rester homme ou femme au foyer. Et cela passe par tellement d'autres choses que de faire des jouets-aspirateurs orange (couleur mixte?), d'ailleurs chez nous, c'est Monsieur qui passe l'aspirateur et il est vert : une couleur de mec! lol

    Au final, le débat n'est il pas un peu mal placé? Ne s'intéresse-t-on pas à des sujets secondaires en oubliant la priorité?

    Pour atteindre cet idéal d'égalité homme/femme et également cet idéal d'égalité pour tous, je pense qu'il faut surtout éduquer nos enfants, la génération future et porteuse de l'avenir de notre société, en leur expliquant à quel point ils ont le choix, et insister aussi sur le fait que les autres, enfants et adultes, ont aussi ce choix-là, qui peut être différent du leur. Etre libre et accepter la différence et la liberté des autres : pour une égalité pour tous sans distinction. A enseigner consciemment et consciencieusement, plutôt qu'en la distillant par des biais plus flous et donc moins assumés et compréhensibles?

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    1. C'est vrai qu'il y a beaucoup plus à faire en terme de sexisme dans d'autres pays, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut considérer qu'il n'y a plus rien à faire en occident.
      Et peut-être que cela peut paraître futile, mais j'aurais aimé être traitée comme une égale tout au long de ma scolarité et de ma courte carrière et c'est pourquoi j'espère que mes enfants (ou moi plus tard) auront cette chance. J'aurais plein d'exemples de discrimination à donner, mais mon commentaire serait vraiment trop long, alors j'essayerai de revenir avec des posts expliquant quel genre de discriminations criantes ou latentes on peut rencontrer au quotidien (les plus courantes en occident étant évidemment latentes, mais ce n'est pas pour autant qu'elles ne causent pas de dommages).
      En ce qui concerne les jouets, en fait je crois qu'on est relativement d'accord, car la façon dont tu élèves ta fille correspond à mon idéal. :-) Quand je parle de jouets asexués, c'est parce que je considère qu'une poupée rose ou un camion bleu est asexué et pas seulement un monopoly vert. Le sujet est ici, non pas de forcer les enfants à jouer avec un jouet "de l'autre sexe", encore moins de bannir le bleu pour les garçons et le rose pour les filles, mais de faire en sorte que cette association ne soit pas automatique et obligatoire et qu'un enfant se sente entièrement libre de jouer à ce qu'il veut. Or ce n'était pas le cas à mon époque et après discussion avec la petite fille que je garde (9 ans), ce n'est visiblement toujours pas le cas...(dans son école, les filles se font gronder quand elles courent en récré car c'est un jeu de garçon...ok, ils sont peut-être un peu extrêmes dans cette école, mais ça donne une idée !)
      Cela peut sembler secondaire, mais en fait à l'heure où théoriquement les hommes et les femmes sont censés être égaux , il ne reste plus qu'à changer les mentalités et je crois que c'est en travaillant ci et là sur des sujets secondaires qu'on arrivera petit à petit à un résultat. Bien sûr, demander aux magasins d'arrêter de classer les jouets par genre n'est pas suffisant et il vaudrait mieux discuter avec les gens ou en parler à l'école, mais quand l'idée a été lancée, cela n'a pas été très bien accueilli...

      Bref, pour résumer, ma lutte contre le sexisme s'inscrit au sein d'une lutte plus globale pour que les gens ne soient traités différemment selon leur sexe, leurs origines, leur couleur de peau etc... Et je pense qu'arrêter de mettre des gens dans des cases est la première chose à faire. Ne pas mettre les enfants dans des cases en fonction de leurs jouets en fait donc partie.

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    2. Merci pour ta réponse! :) Je pense que fondamentalement, on est plutôt d'accord sur la nécessité d'une égalité homme/femme, et plus généralement pour tous, qui n'est encore acquise nulle part (même si il y a du progrès dans certains pays). Je suis peut-être un peu moins sensible, comme tu le dis, à la lutte contre le sexisme dans les pays occidentaux car je n'y ai jamais vraiment été confrontée de part mon parcours (pas aussi fortement que les exemples que tu me donnes en tout cas et que je trouve vraiment choquants!). Mais bien sûr, étant maman d'une petite fille, l'une de mes priorités est qu'elle se sente libre d'aller vers ses passions et ses envies sans qu'elle se sente contrainte d'aller vers certaines ou de renoncer à d'autres parce que "les filles ne font pas ça". Mais c'est vrai que le marketing et la société de consommation induisent un certain conditionnement qu'il faut, en tant que parent, savoir parfois accepter (parce que j'adore trouver des robes à paillettes, des poupons joufflus et des duplo princesses) et parfois dépasser (même si c'est agaçant de ne voir que des petits garçons sur les emballages des jouets "bricoleur", des circuits de voiture ou de petit train). Conditionnement qui n'a nullement sa place à l'école qui doit offrir les mêmes chances à tous (non mais qu'ests ce que c'est que cette école qui interdit aux filles de courir????). Bonne journée

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    3. De rien, c'est sympa de pouvoir échanger nos points de vue ! :-) Pour l'école, je pense quand même que c'est un cas extrême, enfin...j'espère ! En tout cas, je comprends ton plaisir à gâter ta petite fille avec de jolies robes : elle est vraiment craquante avec ! (j'adorais déjà sa tenue rouge avec les boules de Noël/boucle d'oreille, mais dans la robe de Noël de ton dernier article, elle est vraiment super mignonne !)

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